Pourquoi restons-nous passifs face à l’injustice ? Comprendre et dépasser la peur d’agir

Il nous est tous arrivé d’être témoins d’une situation injuste ou malveillante : un collègue victime d’une décision arbitraire, un proche maltraité, un supérieur abusif, un comportement éthique douteux dans une organisation… Pourtant, bien que conscients de la situation, nous restons souvent silencieux et immobiles.

Pourquoi avons-nous tant de mal à agir face au mal, même lorsque nous savons qu’il est là ? Quels mécanismes psychologiques nous freinent ? Et surtout, comment pouvons-nous les dépasser ?

Dans cet article, nous allons explorer les raisons profondes de cette inertie et proposer des clés pour surmonter cette peur et retrouver notre capacité à agir.


1. Le biais du spectateur : « Si personne ne bouge, pourquoi le ferais-je ? »

🔍 Pourquoi c’est important ?

Ce phénomène psychologique a été identifié dans des expériences montrant que plus il y a de témoins d’un acte répréhensible, moins il y a de chances que quelqu’un intervienne. Chacun pense que quelqu’un d’autre va réagir.

💡 Comment le dépasser ?

  • Se rappeler que l’inaction collective ne signifie pas que le problème est moins grave.
  • Prendre l’initiative sans attendre, car souvent, un seul acte courageux peut inspirer les autres à suivre.
  • Poser une question simple : « Et si c’était moi qui étais dans cette situation, qu’attendrais-je des autres ? »

Exemple : Un employé voit un collègue subir une humiliation en réunion. Il peut choisir de briser le silence en posant une question neutre (« Peut-on recentrer le débat sur des éléments constructifs ? ») plutôt que de laisser faire.


2. La peur des représailles : « Si je parle, je risque gros »

🔍 Pourquoi c’est important ?

Dans le cadre professionnel ou social, dénoncer un comportement injuste peut entraîner des conséquences négatives : exclusion, pression, représailles, voire mise en danger de sa carrière.

💡 Comment le dépasser ?

  • Évaluer les risques réels et distinguer les craintes rationnelles de celles qui amplifient la peur.
  • Agir de manière stratégique et collective : souvent, une action groupée (témoignage collectif, remontée en interne) réduit le risque pour l’individu.
  • Documenter les faits pour éviter d’être dans un registre émotionnel et maximiser l’impact d’un signalement.

Exemple : Un fonctionnaire constate des pratiques douteuses dans son administration. Plutôt que de dénoncer frontalement, il peut collecter des preuves et mobiliser d’autres collègues pour formuler une alerte interne crédible.


3. La normalisation de l’injustice : « C’est comme ça, on n’y peut rien »

🔍 Pourquoi c’est important ?

Quand une situation dure depuis longtemps, on finit par la considérer comme normale. L’injustice devient un « fait établi », une fatalité face à laquelle nous nous résignons.

💡 Comment le dépasser ?

  • Se rappeler que rien n’est figé : des lois ont changé, des comportements acceptés hier sont condamnés aujourd’hui.
  • Observer des exemples de personnes ayant osé agir et qui ont obtenu un impact, même minime.
  • Poser une question clé : « Et si tout le monde pensait comme moi, où en serions-nous ? »

Exemple : Dans une entreprise, le harcèlement moral est fréquent et « fait partie de la culture ». Un salarié peut refuser d’adopter cette posture et soutenir ses collègues sans pour autant se mettre en danger.


4. Le confort de la neutralité : « Je ne veux pas de problèmes »

🔍 Pourquoi c’est important ?

Prendre position, c’est s’exposer. Il est souvent plus confortable de rester neutre, de ne pas choisir un camp, de ne pas se mêler d’affaires « qui ne nous concernent pas ».

💡 Comment le dépasser ?

  • Comprendre que ne rien faire, c’est déjà un choix : celui de laisser faire l’injustice.
  • Se demander : « Si tout le monde adoptait ma posture, la situation s’améliorerait-elle ? »
  • Trouver des formes d’action adaptées à son niveau de risque : on peut soutenir discrètement sans s’exposer directement.

Exemple : Un cadre constate qu’un collègue compétent est écarté d’une promotion pour des raisons politiques. Plutôt que de s’opposer frontalement, il peut soutenir la personne en privé, lui fournir des conseils ou appuyer sa candidature ailleurs.


5. L’illusion de l’impuissance : « De toute façon, ça ne changera rien »

🔍 Pourquoi c’est important ?

On croit parfois que nos actions sont trop faibles pour avoir un impact. Pourtant, les grands changements commencent souvent par des petits gestes isolés.

💡 Comment le dépasser ?

  • Se rappeler que chaque action compte, même si elle ne produit pas un effet immédiat.
  • Encourager ceux qui osent agir pour amplifier leur impact.
  • Adopter un état d’esprit progressif : parfois, un simple refus d’accepter une situation peut amorcer un changement.

Exemple : Un citoyen constate une injustice administrative qui touche de nombreuses personnes. Plutôt que de se dire que « c’est trop grand pour être changé », il peut partager son expérience, rejoindre un collectif ou interpeller les bonnes instances.


Conclusion : Oser être le premier à agir

Nous avons tous été confrontés à l’envie d’agir… suivie d’une paralysie. Ce n’est pas une faiblesse individuelle, mais un mécanisme psychologique universel.

La clé pour dépasser cette inertie ?

  • Reconnaître nos freins et les déconstruire.
  • Accepter que l’action n’a pas besoin d’être spectaculaire : un petit geste peut inspirer d’autres.
  • S’entourer et s’organiser pour réduire les risques d’agir seul.

Il ne s’agit pas d’être un héros, mais simplement d’incarner la personne que nous espérons voir agir dans ces situations.

Et vous ?

Avez-vous déjà été confronté à une situation injuste sans oser agir ? Qu’est-ce qui vous a freiné, et comment avez-vous dépassé cette peur ?


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