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Réorganisation, fusion, changement de direction : pourquoi l’incertitude est souvent plus difficile à vivre que le changement lui-même ?

On a tous vécu ce moment : une rumeur circule dans les couloirs, une réunion annulée sans explication, un nouvel organigramme est évoqué et soudain, tout le monde retient son souffle.

Paradoxalement, ce n’est pas le changement lui-même qui génère le plus de souffrance au travail. C’est l’attente, le flou, cette période suspendue où rien n’est encore acté mais où tout semble déjà basculer.

Pourquoi l’incertitude est-elle si difficile à vivre ? Et surtout, que peut-on faire concrètement pour traverser ces périodes sans s’y noyer ?

Nous avons souvent tendance à croire que les collaborateurs résistent naturellement au changement. La nuance est plus subtile : tous les agents savent que les organisations évoluent aussi bien dans le management, les missions que dans les outils ou les process. Ils savent que l’organisation doit s’adapter continuellement à l’environnement. Ce qui semble plus difficile n’est pas la transformation elle-même, c’est le moment juste avant où l’on ne sait pas quels changements vont être opérer, quand et quelles seront les conséquences concrètes sur notre quotidien professionnel.

Notre cerveau déteste le vide : quand l’information manque, il la fabrique et pas toujours de la meilleure façon. Face à une situation floue, nous avons tendance à combler les blancs avec les scénarios les plus anxiogènes : suppression de poste, perte de missions, management qui change tout… Ce mécanisme est humain, mais il épuise, il mobilise une énergie considérable sur des hypothèses qui ne se réaliseront peut-être jamais. L’énergie qui devrait être consacrée aux projets, aux équipes, aux usagers se retrouvent alors mobilisée ailleurs : dans l’attente, l’interprétation et l’anticipation.

Ce que l’on observe souvent dans les organisations en transition, c’est que les équipes ne souffrent pas tant de ce qui va changer que de ne pas savoir quand, comment et pour qui. L’incertitude fragilise la confiance envers la hiérarchie, détruit lentement le sens du travail quotidien et peut rapidement diviser un collectif jusqu’alors soudé.

🔍 Alors que faire quand on se trouve dans cette situation ?

La première tentation, c’est d’attendre, de mettre sa vie professionnelle entre parenthèses jusqu’à ce que la situation se clarifie. Mais cette posture a un coût : elle nous place en position de subir plutôt que d’agir.

La deuxième tentation, c’est de tout contrôler, de chercher à anticiper chaque scénario, de guetter le moindre signal, de collecter toutes les informations disponibles. Mais cette agitation épuise autant qu’elle rassure.

Ce qui fonctionne vraiment, c’est de déplacer son attention : non plus sur ce qu’on ne maîtrise pas, mais sur ce qui reste entre nos mains. Quelles compétences consolider ? Quelles relations professionnelles entretenir ? Quelle posture adopter pour rester visible et crédible, quelle que soit l’issue ?

Pour les managers, la responsabilité est double : Il ne s’agit pas de tout savoir ni de tout promettre au risque d’être contre-productif mais il s’agit de nommer le flou plutôt que de le nier. Dire « je n’ai pas encore toutes les réponses, mais voici ce que je sais » vaut infiniment mieux qu’un silence ou une fausse rassurance. Les équipes ne demandent pas la certitude, elles demandent à être traitées avec respect et honnêteté.

⚠️ Ce qui aggrave les situations d’incertitude, c’est souvent moins le changement annoncé que la façon dont il est (ou n’est pas) communiqué. Un silence prolongé se remplit de rumeurs, une information partielle se transforme en scénario catastrophe et une équipe qui se sent laissée dans l’obscurité finit par perdre confiance, non pas dans le changement, mais dans ceux qui le conduisent.

🤝 L’incertitude peut aussi devenir une opportunité.
Celle de faire le point sur ce qui compte vraiment dans son parcours professionnel, celle de renforcer sa connaissance de soi, de ses ressources, de sa capacité d’adaptation et surtout celle de se rappeler que notre valeur professionnelle ne dépend pas d’un organigramme.

Alors, plutôt que de prendre son mal en patience, et si on prenait son bien en urgence ? Sans nier l’inconfort, qui est réel, mais en choisissant d’en faire un point de départ plutôt qu’un point d’arrêt.


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