Avez-vous déjà été surpris de voir votre supérieur hiérarchique ou les dirigeants de votre entreprise occuper des postes de responsabilité alors qu’ils ne semblent pas posséder les compétences nécessaires ?
Si oui, vous êtes peut-être victime d’une kakistocratie – c’est-à-dire d’un régime (kratos, « le pouvoir ») où les postes de pouvoir sont occupés par les plus incompétents (kakistos, « les pires »).
❓Le mot « kakistocratie » semble avoir été utilisé pour la première fois en Angleterre en 1644, dans le sermon d’un partisan du roi Charles 1er pendant la guerre civile.
La kakistocratie est fondée sur l’incompétence, qui désigne « le manque des connaissances ou des habiletés attendues pour faire quelque chose ».
Les incompétents nuisent à la performance de l’entreprise. Ils créent un climat de désordre et de confusion. Les cadres et les objectifs ne sont pas clairs, ce qui entraîne une souffrance des collaborateurs. La kakistocratie est ainsi peu propice à l’épanouissement personnel et professionnel.
L’explication la plus courante de la prospérité de l’incompétence :
– le principe de Peter : les employés compétents sont promus jusqu’à ce qu’ils atteignent un poste qu’ils ne sont pas en mesure d’assumer (« Le principe de Peter, pourquoi tout va toujours mal ? », de Peter Laurence et Hull Raymond, Stock, 1970)
– le « piège de la compétence », également connu sous le nom de « principe de Dilbert », que l’humoriste américain Scott Adams décrit comme une situation dans laquelle « les personnes les plus incompétentes sont systématiquement affectées aux postes où ils risquent de causer le moins de dégâts : ceux de managers ».
– la peur de la compétence : un manager peut craindre que des collaborateurs compétents ne le concurrencent ou ne le dépassent.
💡Une bonne façon de supprimer une kakistocratie, c’est d’agir sur la cause racine : l’incompétence. Comment ?
– En formant, pour rendre les gens compétents ! Sont visées alors les compétences métiers mais aussi les compétences managériales.
– en recrutant des femmes pour lutter contre les fonctionnements kakistocrates. Selon Tomas Chamorro-Premuzic, les femmes dirigeantes, ayant dû franchir plus de barrières pour parvenir au sommet, sont plus talentueuses que les hommes à statut égal. Elles ont également un rapport différent à la compétence, qui les rend plus exigeantes vis-à-vis d’elles-mêmes.
– en acceptant l’incompétence. Cette acceptation ne signifie pas qu’il faut laisser les incompétents aux commandes, elle signifie qu’il faut les considérer comme des acteurs potentiels du changement, plus susceptibles de remettre en question l’ordre établi.
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